SISSI, MYTHE OU RÉALITÉ?

20 10 2006

Sissi de face.Sissi de face.

  • LE MYTHE

Élisabeth de Wittelsbach est né le 24 décembre 1837 à Munich. Son père est le duc Maximilien de Bavière et sa mère est Ludovica de Bavière.

En août 1853, l’empereur François-Joseph d’Autriche, fête son vingt-troisième anniversaire dans la résidence impériale d’été. C’est à cette occasion qu’il doit se fiancer officiellement avec sa cousine germaine la duchesse Hélène en Bavière, sœur aînée d’Élisabeth. Mais c’est de Sissi que le jeune souverain tombe amoureux. A la surprise de sa mère l’archiduchesse Sophie d’Autriche, sœur de la duchesse Ludovica, il annonce le 19 août, son intention d’épouser la jeune Sissi, à peine âgée de quinze ans et demi.

Le mariage est célébré le 24 avril 1854 à Vienne (Autriche). Les premières années du mariage semblent heureuses, donnant au couple trois filles (Sophie, Gisèle et Marie-Valérie) et un fils Rodolphe.

Les relations entre Elisabeth et sa belle-mère et tante, l’Archiduchesse Sophie, furent souvent orageuses. Les deux femmes ne pouvaient se comprendre et bien au-delà du conflit familial traditionnel il y avait entre elles le fossé de deux visions différentes des devoirs d’une souveraine. Elle reprochait à sa belle-fille de refuser de sacrifier sa vie privée, plaçant son intimité au-dessus des devoirs de sa charge.

Intelligente, sensible et cultivée, elle ne sut toutefois pas comprendre ni admettre qu’elle était une souveraine avant d’être Elisabeth. Ni la ville ni la Cour n’aimaient Elisabeth dont le mépris pour Vienne et ses institutions était connu de tous.

Elle ne refusa toutefois aucun des avantages financiers de sa position. Elle dépensait sans compter en toilettes, chevaux, équipages et voyages. François-Joseph paya toutes ses dépenses sans jamais lui en faire le reproche. En 1875, à la mort de l’Empereur Ferdinand, qui avait abdiqué en 1848, François-Joseph remit à Elisabeth des sommes importantes prélevées sur son héritage considérable car il avait conservé la possession de tous ses apanages. Elisabeth plaça lesdites sommes en Suisse. Elles furent ensuite partagées entre ses héritiers à sa mort.

Sa beauté était unanimement admirée et célébrée. Ses aptitudes équestres étaient également remarquables. Elle fut considérée comme la meilleure cavalière de son temps.

Passionnée par la Hongrie, sa langue et son peuple. Elle est ainsi couronnée, le 8 juin 1867, Reine de Hongrie aux côtés de son mari. Élisabeth devient ainsi Erzsébet , une souveraine aimée, admirée, acclamée, fêtée et adulée par le peuple magyar. Celui-ci lui offre le château de Gödöllö, à une trentaine de kilomètres de Budapest, où elle se sent chez elle (à l’inverse des palais de Vienne) et où elle se rend très souvent. Le rôle politique d’Elisabeth dans l’élaboration du compromis austro-hongrois sans avoir été déterminant est certain, au moins dans l’influence qu’elle eut auprès de François-Joseph à surmonter sa répugnance vis-à-vis des Magyars et celle de ces derniers à l’encontre de leur roi. La répression de la révolution hongroise de 1848 avait laissé des traces d’amertume d’autant plus profondes dans les élites et dans le peuple hongrois qu’il avait fallu à François-Joseph faire appel aux troupes russes pour rétablir l’ordre.

En quelques années, les morts successives de sa fille aînée Sophie (alors âgée de deux ans), de son cousin le roi Louis II de Bavière, retrouvé noyé dans le lac de Starnberg, de son père le duc Maximilien de Wittelsbach, de son fils unique l’archiduc Rodolphe à Mayerling en 1890, de son ami le comte Gyula Andrassy, de sa sœur la duchesse Sophie Charlotte de Wittelsbach brûlée vive dans le tristement célèbre incendie du Bazar de la Charité et de sa mère la duchesse Ludovica de Bavière, plongent Élisabeth dans une douleur et une mélancolie indescriptibles.

Le 10 septembre 1898, elle est assassinée à Genève, en sortant de l’hôtel Beau Rivage, par un anarchiste italien, Luigi Lucheni (26 ans) qui veut à tout prix tuer un prince européen. Il visait Henry d’Orléans. L’anarchiste se met alors en faction près de l’hôtel Beau Rivage où l’impératrice est descendue. À 13h35, celle-ci sort au bras de sa dame de compagnie. Passant près du jeune homme, l’impératrice reçoit ce qu’elle croit être un coup de poing et trébuche. Le meurtrier, qui vient de la poignarder au moyen d’un poinçon très fin, s’échappe mais est interpellé quelques mètres plus loin. L’impératrice tient quand même à prendre le bateau, ce qu’elle fait avec peine, perdant connaissance une fois à bord. En ouvrant son corsage, sa dame de compagnie observe un infime point rouge au-dessus du sein. Ramenée dans ses appartements, elle décède dans les bras de Fanny Mayer, l’épouse du propriétaire de l’hôtel.

Nous nous souviendrons d’elle comme d’une Impératrice et une Reine qui a fait beaucoup pour les Hongrois et qui avait un très grand coeur.

  • LA RÉALITÉ

Sissi était une personne à la personnalité complexe, elle était imprévisible, fragile, hystérique, anorexique, dépressive, mélancolique et avait un équilibre psychique précaire.

Ses excentricités, son anorexie et ses erreurs de protocole, comme enlever ses gants pour manger, les déposer dans son assiette, suçer quelques glaçons et expédier le dîner. En ce temps là, quand l’Empereur et l’Impératrice avait fini de dîner, tous le monde avait terminé. Ou encore, manquement au cérémonial de Charles Quint, chevaucher seule avec seulement qu’un écuyer. Pour avoir une silhouette irréprochable, elle faisait coudre ses robes d’équitation sur elle, à même son corps.

Le culte de son corps a prit des proportions immense. Elle était debout à 5 heures tous les matins, prenait un bain, ensuite une heure de gymnastique dans ses appartements et déjeuner d’un verre de lait.

“C’est la femme la plus belle que j’aie jamais vue!” s’exclame le Shah de Perse, qui vient de rencontrer une Elisabeth à l’apogée de sa beauté dans les années 1860. Beauté rehaussé par une immense chevelure tombant jusqu’aux talons, dont “Sissi”, très fière, fera un rituel sacré jusqu’à la fin de ses jours : lavage et séchage tous les 15 jours (un jour entier!), brossage et coiffage quotidien durant 3 heures par Fanny Angerer “qui enroulait les ondulations autour de son bras comme des ruisseaux” déclare Constantin Christomanos, lecteur de l’Impératrice.

5′8″, 110 lbs : Elisabeth est un mannequin comme nous en avons aujourd’hui, en un siècle qui aime les femmes petites et grasses. “Sissi” invente le régime avant l’heure (jus de viande, laitages, compotes, oranges et café), (se qui ne l’empêche pas de se commander des Strudels chez Sacher ou Demel et des sorbets de fleurs) se pèse deux fois par jour, et entretient sa silhouette légendaire (50 cm de tour de taille! (19″3/4) par une gymnastique quotidienne, des massages et la thalassothérapie. Hélas! Cette obsession de la minceur, gagnant vite de “sissimania” les dames de la Hofburg, mènera bientôt Elisabeth à une anorexie chronique qui ne fera qu’accentuer sa frigidité latente. L’Empereur, en mal d’affection, s’en consolera avec une jeune comédienne du Burgtheater à partir de 1886 avec l’assentiment de son épouse! “Il faut que je parte. Laisser François tout seul, c’est lâche. Il y a Katharina Schratt qui l’entoure mieux que personne et veille sur lui “.

A partir de 1870, elle se tient de plus en plus éloigné de Vienne et ce jusqu’à sa mort.

1890 : Elisabeth a 53 ans. Sa beauté s’est déjà fanée, au fil des régimes aberrants, des galops effrénés (6 à 7 heures par jour!), des marches forcées (12 heures d’affilée) et des voyages par tous les temps. “Dès que je me sentirai vieillir, je me retirerai complètement du monde.”: refusant photographies et portraits depuis 1867, cachant son visage derrière une ombrelle blanche ou un éventail noir, enveloppée de voiles de deuil (7), “l’Impératrice de la Solitude” (Maurice Barrès) n’est plus qu’une ombre mélancolique, une mouette errante parcourant l’Europe incognito (comtesse de Hohenemberg), de Douvres à Cintra, d’Alicante à Corfou. Elle n’apparaît qu’une seule fois en public, méconnaissable, pour le millénaire de son cher royaume de Hongrie (1896) : “Une tête noire, profondément triste, dont le sourire ne semble répondre qu’à un vague réflexe. Elle saluait de façon aimable mais mécanique. ” Minée par la tuberculose, “Sissi” a définitivement renoncé à la vie. A partir de 1893, elle multiplie les séjours en Suisse, pays Vierge : la mort l’y attend.

  • SA DESCENDANCE

La descendance de Sissi est volumineuse. Juste pour vous montrer, quand j’ai imprimer les descendants de ses enfants, il y avait 17 pages pour Marie-Valérie et son mari Franz-Salvator Habsbourg-Lothringen, 6 pages pour Gisèle et son mari Léopold von Wittlesbach et 4 pages pour Rodolphe et sa femme Stéphanie de Belgique.

Stéphanie Windisch-Graetz

J’ai retracer une descendante en ligne directe de Rodolphe (photo en couleur). Elle se nomme Son Altesse Sérénissime la princesse Stéphanie de Windisch-Graetz qui est l’arrière-arrière petite fille de Sissi. C’est une artiste-peintre. Elle est née en 1939 et s’est marié en 1967 avec Dermott Blundell-Hollinshead-Blundell dont elle divorça en 1973. Ils ont eus deux enfants : Henry marié en 2000 avec Lisa Abadjian. Ils ont eus deux enfants, Éléonore en 2002 et Bryan en 2005. Ensuite, le deuxième enfant de Stéphanie s’appelle Alexander qui s’est marié en mai 2004 à Vienne, Autriche avec Ann Charlotte Le Sellier de Chezelles. Au moment ou j’ai fait mes recherches aucun enfant n’était inscrit pour ce couple mais j’ai eu un courriel de Mme de Chezelles (16/03/2007) qui m’a écrit qu’ils avaient une fille nommé Élisabeth-Marie et un autre enfant en route.

Comme vous pouvez le constater les descendants de Sissi se sont dispersés partout à travers l’Europe mais surtout en Autriche et en Allemagne. Il feront en sorte de nous rappeler encore et encore et pour des décennies qui était Élisabeth de Wittlesbach, notre Sissi.

Références :

http://www.albumdufutur.com

http://fr.wikipedia.org